Il existe deux régimes distincts : un pour les organismes publics, un pour le commerce en ligne. Ils n’ont ni le même texte, ni la même autorité de contrôle, ni les mêmes montants. Les confondre est l’erreur la plus fréquente, et elle se voit tout de suite.
Deux régimes, et ce qui les sépare
SECTEUR PUBLIC
Communes, intercommunalités, organismes publics
Le texte
Article 47 de la loi n° 2005-102, dont le cadre réglementaire a été actualisé par le décret n° 2026-816 du 24 août 2026.
Depuis quand
Cadre en vigueur, actualisé le 27 août 2026. Les dates d’application sont toutes passées, la dernière en juin 2021.
Qui est concerné
Les personnes morales de droit public. Pour une commune, l’obligation est acquise par construction, quelle que soit sa taille.
Le référentiel
Le référentiel général d’amélioration de l’accessibilité, version 4.1.2, soit 106 critères. Une application mobile publique relève de la norme européenne EN 301 549.
Qui contrôle
L’Arcom, autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, depuis le 8 septembre 2023.
SECTEUR PRIVÉ
Boutiques et services de commerce en ligne
Le texte
Directive européenne 2019/882, transposée en droit français à l’article L. 412-13 du code de la consommation.
Depuis quand
Le 28 juin 2025, sous réserve des exemptions et des dispositions transitoires.
Qui est concerné
Les services de commerce électronique destinés aux consommateurs. Une entreprise de moins de dix personnes en est dispensée si, en plus, son chiffre d’affaires annuel ou son total de bilan ne dépasse pas deux millions d’euros.
Le référentiel
La norme européenne EN 301 549, qui reprend les critères internationaux WCAG 2.1 de niveau AA.
Qui contrôle
La répression des fraudes, dans le cadre du code de la consommation.
Le second point de la dispense est souvent mal lu. Les deux conditions se cumulent : il faut être en dessous de dix personnes et sous l’un des deux seuils financiers. Le total de bilan est la porte de sortie qu’on oublie le plus souvent.
Ce qui est attendu d’une collectivité
Quatre documents, plus une fonction du site. Ils se vérifient depuis l’extérieur, sans accès à votre outil de gestion de contenu, et c’est par là que commence tout contrôle.
La déclaration d’accessibilité. Elle indique le taux de conformité mesuré, les contenus non conformes, les dérogations et la façon de signaler un problème.
Le schéma pluriannuel de mise en accessibilité, sur trois ans. Il dit ce que la collectivité prévoit de faire, et dans quel ordre.
Le plan d’action annuel. Il décline le schéma pour l’année en cours.
La mention de conformité en page d’accueil. Trois états possibles : totalement, partiellement ou non conforme. C’est la ligne qui rend une commune vérifiable en quelques secondes.
S’y ajoute une obligation qui n’est pas un document : permettre à un usager de signaler facilement un manquement. L’Arcom la contrôle au même titre que les autres.
Une application mobile publique porte les mêmes obligations de gouvernance, avec une déclaration qui lui est propre.
Comment se passe un contrôle
Il n’y a pas d’amende qui tombe sans prévenir. La séquence est toujours la même : un signalement, puis une mise en demeure assortie d’un délai, puis, si le délai passe sans réponse, une sanction.
Les seuls délais publiés à ce jour viennent de la décision de l’Arcom n° 2026-358, prise au sujet d’un service de l’État : neuf mois pour la mise en accessibilité technique, deux mois pour les documents. Cet écart se comprend : produire une déclaration et un schéma prend des semaines, corriger un site prend des mois. Les décisions publiées depuis sont rassemblées dans notre suivi des décisions en accessibilité numérique.
Ce rythme est aussi une indication utile pour décider. Une collectivité qui engage son audit aujourd’hui n’est pas dans la même position que celle qui découvre le sujet en recevant un courrier.
Les montants, et ce qu’ils sont
Ce sont des maximums légaux. Aucun n’est automatique, aucun ne se déduit d’un défaut relevé par un outil de mesure, et aucun ne correspond à une somme réellement prononcée contre une commune à ce jour.
Maximums prévus par les textes
Régime
Montant maximal
Pour quoi
Public
50 000 €
Manquement à l’obligation d’accessibilité elle-même
Public
25 000 €
Manquement aux obligations déclaratives
Privé
7 500 €
Par infraction, pour une personne morale
Privé
3 000 € par jour
Astreinte pouvant accompagner une injonction, après expiration du délai fixé
Le montant tient compte de la nature, de la gravité et de la durée du manquement, ainsi que des manquements commis précédemment.
Les financements, côté public seulement
Trois dispositifs reviennent régulièrement dans les projets de collectivités : le fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique, la dotation de soutien à l’investissement local et la dotation d’équipement des territoires ruraux. Le fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée peut également s’appliquer selon la nature de la dépense.
Nous repérons les dispositifs qui correspondent à votre projet et nous préparons les pièces avec vous. L’éligibilité reste décidée par le financeur, jamais par nous, et une aide ne se déduit pas d’un devis tant qu’elle n’est pas accordée.
Ces dispositifs visent le secteur public. Ils n’ont aucun équivalent pour une boutique en ligne : les citer dans un dossier privé serait une erreur.
Ce que ces textes ne disent pas
Beaucoup d’affirmations circulent sur ce sujet. Voici celles que nous avons vérifiées dans les textes eux-mêmes, et que nous n’écrirons donc jamais dans un document.
Aucun montant n’est annuel. Les maximums s’appliquent à un manquement, pas à une période.
Aucun doublement automatique n’est prévu. Les manquements antérieurs sont pris en compte dans la fixation du montant, ce qui n’est pas la même chose et ne se chiffre pas à l’avance.
Une seconde sanction suppose qu’une première ait été prononcée et que le même manquement perdure six mois après ce prononcé. Sans première sanction, ce délai ne court pas.
Le décret du 24 août 2026 ne fixe aucune échéance future. Il met le cadre en cohérence avec le droit européen et renvoie aux normes harmonisées. Le fondement de l’obligation reste l’article 47 de la loi de 2005.
Nous ne citons aucune commune sanctionnée, parce qu’aucune décision de ce type n’est publiée à ce jour.
Une surcouche automatique ne rend pas un site conforme. Elle peut même gêner les personnes qui utilisent déjà une aide technique. Nous n’en proposons pas.
Nous ne garantissons pas un score. Nous garantissons une méthode, des corrections vérifiables et une déclaration établie selon le modèle officiel. Le taux de conformité est mesuré et publié à la livraison.
Sources
Loi n° 2005-102 du 11 février 2005, articles 47 et 47-1.
Décret n° 2026-816 du 24 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août 2026, en vigueur le 27 août 2026.
Décret n° 2019-768 du 24 juillet 2019, pour les obligations documentaires.
Article L. 412-13 du code de la consommation, transposant la directive (UE) 2019/882.
Décision de l’Arcom n° 2026-358, pour les délais de mise en conformité.
Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité version 4.1, publié par la direction interministérielle du numérique.
Textes relus à la source le 17 septembre 2026. Cette page présente le cadre de façon générale et ne constitue pas un conseil juridique sur votre situation particulière. Claren est une entreprise privée indépendante, sans lien avec l’État ni avec l’Arcom.
Un premier échange pour comprendre votre situation et vous dire par quoi commencer : choisissez un créneau dans notre agenda, ou laissez votre numéro et nous vous rappelons.
Le diagnostic flash est gratuit : nous examinons jusqu’à 5 pages de votre site et vous envoyons le rapport par e-mail. Il repère de premiers obstacles ; il ne remplace pas un audit et ne donne pas de taux de conformité.